IA pour agents publics : protéger les données des usagers
Répondre à un usager, simplifier un courrier, résumer un texte réglementaire : l'IA peut beaucoup pour un agent public, à condition de ne rien lui confier qui identifie l'usager.
Répondre à un usager, simplifier un courrier, résumer un texte réglementaire : l'IA peut beaucoup pour un agent public, à condition de ne rien lui confier qui identifie l'usager.
Dans une mairie, un service social, une caisse ou une administration, une bonne partie de la journée passe par l'écrit : répondre à un usager qui ne comprend pas une décision, rédiger une note pour un élu, résumer un nouveau texte réglementaire, transformer un courrier type illisible en lettre que tout le monde comprend. L'IA peut faire gagner un temps considérable sur ces tâches.
Mais un agent public manipule des données qui ne lui appartiennent pas : celles des usagers. Et beaucoup d'administrations ont déjà rappelé à leurs agents de ne pas les confier à des outils grand public. Voici comment profiter de l'IA en restant dans les clous.
En France, l'agent public est tenu au secret professionnel et à la discrétion professionnelle, rappelés par le Code général de la fonction publique ; la violation du secret est réprimée par l'article 226-13 du Code pénal. En Suisse, le secret de fonction est protégé par l'article 320 du Code pénal. Dans les deux pays, les données personnelles des usagers relèvent de la protection des données : RGPD d'un côté, loi fédérale ou cantonale de l'autre.
S'y ajoutent les règles de votre administration : charte informatique, note de service, liste d'outils autorisés. Elles priment. Si votre employeur interdit tout outil d'IA, la seule bonne démarche est de faire remonter le besoin, pas de contourner la règle.
Le langage clair. Transformer un courrier administratif dense en lettre lisible par tous, sans perdre la précision juridique : c'est l'un des usages les plus utiles, et il ne nécessite aucune donnée personnelle.
La réponse à un usager. À partir de la situation décrite de façon anonyme, l'IA propose une réponse structurée, polie et compréhensible, que vous complétez avec les éléments du dossier.
La synthèse de textes. Un décret, une circulaire, un rapport de cinquante pages : l'IA en tire les points qui concernent votre service.
Les notes internes. Préparer une note pour un élu ou une direction à partir de vos éléments, avec une structure claire : contexte, enjeux, options, recommandation.

1. Décrivez la situation, pas la personne. « Un usager conteste le montant d'une aide au logement recalculé après un changement de situation » suffit pour obtenir une bonne réponse. Le nom, l'adresse, le numéro fiscal ou d'assuré restent dans votre logiciel métier ; vous les ajoutez au courrier final.
2. Fixez vos règles de masquage. Dans le panneau Confidentialité d'IA Confidential, vous pouvez indiquer ce qui doit toujours être masqué : numéros d'usager, noms de dispositifs locaux, références de dossiers. C'est une sécurité en plus de votre propre vigilance.
3. Restez sur un modèle confidentiel. Par défaut, vos questions sont traitées par des modèles ouverts installés sur des serveurs en Suisse, hors du champ du CLOUD Act, qui ne transmettent rien à des tiers. Pour un courrier ou une synthèse, ils suffisent. Si vous choisissez un modèle externe, le filtre confidentialité vérifie d'abord le message : en cas de donnée sensible, il vous propose de répondre avec un modèle confidentiel, message intact, ou d'envoyer une version anonymisée que vous relisez.
4. Vérifiez les textes en vigueur. Pour une question réglementaire, l'assistant peut lancer une recherche web anonyme : la recherche part sans vous identifier, et les résultats sont datés et sourcés. Contrôlez toujours la version en vigueur sur le site officiel avant de l'opposer à un usager.
5. Relisez et signez. L'IA rédige, l'agent répond. Une erreur dans un courrier administratif engage le service : chaque montant, chaque délai, chaque référence doit être vérifié.
Avec un modèle confidentiel, vos questions et les réponses sont traitées sur des serveurs situés en Suisse, et rien n'est conservé de notre côté : l'historique reste dans votre navigateur. Nous ne pourrions pas le produire si on nous le demandait, parce que nous ne l'avons pas.
Avec un modèle externe, rien ne part sans passer par le filtre, et c'est vous qui choisissez ce qui part.
Sur un poste partagé, l'historique est lisible par quiconque utilise la même session du navigateur : utilisez une session personnelle et fermez-la en partant. Et si vous appliquez la première étape, ce qui circule ne permet de toute façon pas d'identifier l'usager.
Réécris ce courrier en langage clair pour un usager qui n'a pas l'habitude des démarches administratives. Garde toutes les informations juridiques (délais, voies de recours, pièces à fournir), mais utilise des phrases courtes, un mot par idée et une liste pour les pièces. Termine par une phrase qui indique qui contacter en cas de question.
Puis collez le courrier type, sans les données de l'usager.
Pour les réflexes communs à tous les métiers, lisez notre guide pour utiliser l'IA au travail sans risque. Les professions juridiques ont aussi leur méthode : voir le guide des avocats.
Pour essayer sur un courrier type : ouvrez le chat.